3ème blasphème (en cours)

Au commencement (on croyait généralement qu’il y en eut un) le sang jaillissait des récits à chacune de leurs strophes ou de leurs paragraphes. Bizarre qu’à tant de deuil, après les massacres, « certains » adjoignirent une forme poétique (souvent dans l’empois). La veille, je m’étais endormi pour faire table rase du réel en folie, de l’histoire passée au tamis des puissants. Tant de siècles naquirent, illégitimes… Continuer la lecture de « 3ème blasphème (en cours) »

N’immaculez pas ma conception !

Voir l’essence de l’être pour voir sa perfection — qu’aucun filet ne saurait puiser —, voir l’essence en une globalité vivante, ne serait-ce point être manifestement gouverné par le mystère ?

La vision qui, à l’être, procure le miroir de sa réalité, ne lui manifeste-t-elle pas un plan de réflexion d’où est exclu tout ce qui ne pourrait se réfléchir hors de son axe de perception, du lieu de sa vision jusqu’au lieu de ce qu’il voit ? Continuer la lecture de « N’immaculez pas ma conception ! »

pierre = situation

pierre = situation
++
essai = effet
(r)êve (s)olution

 

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Si l’existence ordinaire reste, quoi qu’on fasse, selon les différents paramètres scientifiques, une forme quelconque de violence capable d’affecter la volonté, toutes les sortes de connaissance et de maîtrise qui structurent les relations et les échanges au travers de la vie sociale distordent la réflexion des êtres pour aboutir en pratique à leur auto inquisition. Continuer la lecture de « pierre = situation »

Nature morte aux escarboucles

Cette ville pour moi ? Un muet exil qui me persuadait des ans écoulés, invité qu’étais-je par l’ennui, obsédé par le train qui tombait avec la nuit. À travers la glace. Dans une représentation sans retour ni lendemain. À vrai dire, quelques immeubles beaux comme une caserne, un bistrot vide. Décembre en tenue secrète. Environ treize mille habitants soumis à la mystification insensée du sommeil, treize mille déshabillés, supprimés de l’éveil. Censure qui va de soi, agissant dans les esprits. Aberration de vie militaire ou collective sans nulle autre liberté qu’un détachement anonyme. Trop heureux ces gens qu’on ne les déportât pas dans le froid sec d’un garde-à-vous ! De long en large, le silence qui faisait son entrée en scène surveillait le repos des mouches au-dessus de la merde. Continuer la lecture de « Nature morte aux escarboucles »

Vis sans fin de vice de formes (part.1)

I
le Démon des Mondes.

Les problèmes appartiennent à un système
une rêverie qui se dit supérieure et libre :
« Matière soit esprit et Forme soit contenu ! »

Nos propres songes appartiennent à l’éternité. Ils illustrent la création du rien en d’autres choses.

Ainsi s’accumulent les interprètes
du tout est possible
du présent Éternel,
éternel et antique
aux matières provisoires. Continuer la lecture de « Vis sans fin de vice de formes (part.1) »

Diderot II 3 – Premiers pas sur le néant

je ne sais en quel sens tous les corps gravitent dans les corps des géomètres
ni quel vaisseau renferme ma tendance au repos
je ne connais de l’essentiel qu’un inaltérable instant
un indivisible oubli dans l’indifférence
vers ma dissolution
car ma pensée
en elle-même
se détruit

par moi-même sans mouvement et sans vigueur
par moi-même inexistant
imaginé-je le repos hors du feu
de cette réalité qui n’existe point Continuer la lecture de « Diderot II 3 – Premiers pas sur le néant »

La saison des amours occitanes

« … qu’elle est vaine, la louange des nations ! qu’elle est futile, la trompette de la gloire. Il y avait d’âpres épines dans cette feuille et les lauriers, et leurs crochets dentelés entraient comme une brûlure, comme une morsure, jusqu’à ce que du feu et de la rouge flamme semblèrent se repaître de mon cerveau, et changèrent le jardin en un désert nu. »

Oscar Wilde, La Maison de la Courtisane.

I : FIANÇAILLES

Il y a un an,
ce me semble,
fleurs de mars
qui croassent,
petits nuages
qui bourgeonnent.
Ne dirait-on pas la lune
pendant les fiançailles
de toutes les fleurs
aux charmantes étoiles ?
Que de vierges bleues dans la rivière
et de linottes brunes ! Continuer la lecture de « La saison des amours occitanes »

Personne n’est quitte à terre

Dans cette histoire, encore en ce bas monde, hélas !, le gagne-pain des escogriffes qui participaient à la santé, fanait au balancier d’une pendule.

Vingt-quatre coups très exacts ont voulu la peau dont les moutons sentaient la démangeaison,
Vingt-quatre très exacts vols de médecins,
Ci-dessus docteurs criminels incessants,
Leur plaisir paraissant avec ce frisson, cette idée qu’ils pouvaient brouter le sang de trois hommes,
Très exactement,
En l’espace de quelques heures,
Vider têtes et poitrines sur la table d’examen,
Et, suspendus au bord brodé d’un linceul blanc, patiemment,
Ceux-ci eurent attendu pour mordre une nouvelle fois. Continuer la lecture de « Personne n’est quitte à terre »