Homme pour Homme

« D’homme à homme
Face contre face »

Loin de la vie, meurt et renaît l’amour des ravages. Sources de peur, les machines ont les bielles propres, et les chiens décident, et les lâches acceptent la société mercantile et policière. Sommes-nous donc en deçà de la dignité, d’être ligués avec l’absurde, d’être à être, contre la mort et malgré cela, accepter de mourir et de tuer? L’homme n’a que l’homme, qu’un homme nu, exclu de lui-même, retranché du vivant, au cœur du sang.
Les déserts sont des foules et la foule dans le désert appelle la promiscuité au delà de cette extrême frontière qui s’affirme solitude ou identité du grain de sable.
Autour des irremplaçables « tristesse & silence », le bonheur et la sérénité échafaudent des règles sans exception, sans effraction ni sacrifice.
L’espace d’un tonnerre, la révolte sera contre le viol des puissants et au nom de l’intransigeance de l’individu. Contre l’humiliation des servitudes, elle sera la création authentique et fidèle du langage universel pour le bonheur.
Je ne peux donc trouver le repos autour de moi, la fièvre et la passion des vertiges obscurs m’enchaînant à ma propre mort, à mon honneur, mes racines et mon origine. En moi, se répercute l’insoluble part de la non-violence, ce paradoxe contenu et supposé dans l’entraînement révolutionnaire. Si je renonce à l’homme, j’abdique devant la tyrannie. Si je renonce, je m’engage comme chien de la terreur, aboyant sans courage pour les tout-puissants, les malfaisants stériles de l’histoire, à leurs tortures et leurs épées. Par principe, je refuse à me résigner. Jusqu’au bout, le meurtre de l’histoire est nécessaire. Témoin de rien, jus-qu’au bout le meurtre de dieu est salutaire. Liquidons la révolution qui maintient les conflits dans l’injustice des profits. Purgeons la révolution inefficace et impuissante. Ignorons l’histoire pour effondrer le réel systématiquement, inévitablement, immédiatement. Agir et agir vite contre les chiens politiques, économiques, etc, etc, en un mot absolutistes qui dans leur vaisseau « ENTREPRISE » risquent démesurément la vie de l’autre et justifient l’implacable. Contestons au nom de la nature nos conditions! Contestons la mort, refusons l’histoire, repoussons le réel! Affirmons l’art par la force des choses! L’évidente mystification est révolutionnaire, donc bourgeoise. Elle se veut nécessairement exemplaire mais n’est qu’approximation dans ses fins. Elle donne le droit de justice aux puissants, arbitrairement, eux qui raillent la justice et qui l’utilisent pour conquérir toute communauté vivante et féconde. Refusons de mourir tout à fait dans et par les institutions, contre leur violence et leurs châtiments, contre le sacrifice de l’autre.
L’enjeu, aujourd’hui, est d’être, de pouvoir vaincre ou de mourir, risquer le mépris de l’autre (qu’importe pourvu qu’on ait l’honneur), risquer la trahison (qu’importe pourvu qu’on ait la clairvoyance).
L’enjeu est une fête en devenir qui doit s’étendre à l’univers, jusqu’à la victoire pour la première et la dernière fois.
Restons fidèles et nous transfigurerons les ruines et les charniers en paradis.

Guy Parisse du
Club des Camusards

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